20 janvier 1999
Saint Sébastien, martyr

Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,

Quelqu'un demandait un jour à un prêtre: «Pourquoi vous a-t-on appelé fou? - Penses-tu, répondit celui-ci, qu'il soit de peu de folie de prétendre que l'on peut et doit être saint au milieu de la rue, que peuvent et doivent être saints celui qui vend des glaces dans une petite voiture, l'employée qui passe son temps à la cuisine, le directeur d'une banque, le professeur d'université, et celui qui travaille dans la campagne, et celui qui charge les valises sur ses épaules? Ils sont tous appelés à la sainteté! Le dernier Concile (Vatican II) l'a maintenant repris, mais à cette époque, en 1928, cela ne venait à l'idée de personne. Aussi était-il logique de penser que j'étais fou » Ce prêtre était le Bienheureux Josemaría Escrivá de Balaguer.

«Comme vous soignez bien ces fleurs!»

«Pour aimer Dieu et le servir, expliquait le Bienheureux, il n'est pas nécessaire de faire des choses exceptionnelles. Le Christ demande à tous les hommes sans exception d'être parfaits comme son Père céleste est parfait (Mt 5, 48). Pour la grande majorité des hommes, être saint suppose de sanctifier leur travail, de se sanctifier dans leur travail, de sanctifier les autres avec le travail, et aussi de trouver Dieu sur le chemin de leurs vies». Passant un jour devant deux jardiniers, il leur dit: «Comme vous soignez bien ces plantes, toutes ces fleurs  Que pensez-vous qui vaille le plus? Votre travail ou celui d'un ministre?» Et, comme ils ne trouvaient rien à répondre: «Cela dépend de l'amour de Dieu que vous y mettez. Si vous mettez plus d'amour qu'un ministre, votre travail vaut davantage».

Déjà, saint Benoît, le Père des moines d'occident, accordait une grande importance au travail. Dans sa Règle, rédigée au sixième siècle, il déclare l'oisiveté «ennemie de l'âme» et veille à ce que les moines ne manquent jamais d'occupation (ch. 48); il prévoit des prières pour sanctifier les activités (ch. 35), et recommande de traiter les outils et biens du monastère avec le même soin que les vases sacrés de l'autel (ch. 31); il souhaite enfin que ses fils gagnent leur vie par le travail, mais toujours avec mesure et «afin qu'en toutes choses Dieu soit glorifié» (ch. 48; 57).

De nos jours, le Bienheureux Josemaría Escrivá de Balaguer a beaucoup contribué à remettre en lumière la "spiritualité du travail". Né le 9 janvier 1902, à Barbastro en Aragon (Espagne), Josemaría est fils d'un commerçant en tissus. Il aura quatre soeurs et un frère. L'ambiance du foyer est marquée de dignité et de tradition, simple, élégante, gaie et pieuse.

À Barbastro, Josemaría fait sa scolarité au collège des religieux de saint Joseph Calasanz. Les morts successives, en 1911, 1912 et 1913, de ses trois soeurs cadettes le marquent profondément. En 1915, une autre épreuve s'abat sur la famille: l'entreprise commerciale paternelle est ruinée; on doit quitter Barbastro pour Logroño. Là, José Escrivá trouve du travail dans un autre magasin de tissus. La famille se resserre dans un petit logement, aux plafonds bas, chaud en été et froid en hiver. Mais rien ne change à la manière de vivre, foncièrement chrétienne, héroïquement joyeuse, très serviable auprès des voisins. Josemaría termine ses années de collège dans une institution de Logroño.

Des pas dans la neige

Dans les derniers jours de 1917, il remarque dans la neige les traces de pas d'un Carme "déchaux", c'est-à-dire d'un Religieux carme qui, par esprit d'humilité et de pauvreté, marche pieds nus. Ce signe d'une humble imitation de Jésus-Christ pauvre suscite chez Josemaría une soif ardente d'amour de Dieu, une intense ferveur dans sa vie de piété et finalement la décision de devenir prêtre afin d'être totalement disponible entre les mains de Dieu. Il commence ses études de théologie au Séminaire de Logroño, en 1918. Puis, en septembre 1920, il se rend à Saragosse, où, peu de mois avant son ordination sacerdotale (1925), son père meurt, le 27 novembre 1924. «Je ne me rappelle de lui aucun geste sévère, écrit Josemaría: je le vois toujours serein, le visage gai, toujours souriant  Dieu m'a fait naître dans un foyer chrétien comme tous ceux de mon pays, de parents exemplaires qui pratiquaient et vivaient leur foi, me laissant dès l'enfance une très grande liberté, mais en même temps, me surveillant avec attention. Ils s'attachaient à me donner une formation chrétienne, et c'est là que je l'ai apprise davantage qu'au collège, bien qu'ils m'aient confié dès l'âge de trois ans à des religieuses et dès sept ans à des religieux».

Fort de son expérience familiale, le bienheureux Josemaría pourra dire aux époux: «Je ne puis moins que bénir cet amour humain du mariage, que le Seigneur m'a demandé de refuser pour moi. Mais je l'aime chez les autres, dans l'amour de mes parents, dans celui des époux entre eux. Alors, aimez-vous vraiment! Et comme je vous le conseille toujours: mari et femme, ayez peu de disputes entre vous! Il vaut mieux ne pas jouer avec le bonheur  Ne vous disputez jamais devant les enfants; ils sont attentifs à tout et se forment immédiatement un jugement. J'ai un souvenir merveilleux de mon père et de ma mère: jamais je ne les vis se disputer. Ils s'aimaient beaucoup. Ils se disputaient, c'est évident. Mais ils ne se querellaient jamais devant les enfants  Gardez la pudeur devant les enfants».

Oeuvre de Dieu

Le 2 octobre 1928, au cours d'une retraite spirituelle, don Josemaría voit pendant sa prière l'oeuvre particulière à laquelle Dieu l'appelle: transmettre aux hommes de notre époque l'idéal de la sanctification par l'accomplissement du devoir d'état (professionnel, familial, etc.). En 1930, il baptise son oeuvre "Opus Dei" (oeuvre de Dieu), ce qui signifie dans sa pensée que chacun des adhérents fait de son travail quelque chose de sacré, sous le regard de Dieu.

L'Opus Dei doit beaucoup à la famille Escrivá de Balaguer. On y retrouve l'ambiance familiale simple et gaie, où la charité est aussi affection, ainsi que l'amour du travail bien fait: distinguée et souriante, la mère de don Josemaría faisait, en effet, tout à la perfection. L'importance de l'éducation au travail reçue en famille, est soulignée par le Pape Jean-Paul II dans son Encyclique Laborem exercens, du 14 septembre 1981: «La famille est la première école interne de travail pour tout homme  Le travail et l'ardeur au travail conditionnent tout le processus d'éducation dans la famille, précisément pour la raison que chacun "devient homme", entre autres, par le travail, et que ce fait de devenir homme exprime justement le but principal de tout le processus éducatif» (n. 10).

En 1927, Josemaría s'est installé à Madrid; sa mère, sa soeur Carmen et son frère Santiago l'y ont accompagné. Madame Escrivá de Balaguer s'emploie sans une hésitation à seconder l'oeuvre que Dieu accomplit à travers son fils. «Sans son aide, déclarera le fondateur de l'Opus Dei, l'oeuvre aurait difficilement réussi». À partir de 1932, la famille Escrivá vit au 4 de la rue Martínez Campos. Josemaría développe son apostolat surtout auprès des jeunes.

Dieu et audace

Le premier centre de l'oeuvre, l'académie DYA, est inauguré en 1933 à Madrid. Les initiales de l'académie DYA correspondent aux études de Droit et (`y') d'Architecture. En réalité, pour le fondateur, ce sigle signifie: "Dieu et Audace". Travailleur infatigable, don Josemaría sera bientôt Docteur en Droit Canonique, en Droit Civil et en Théologie. En 1934, il publie un livre qui, revu et augmenté, paraîtra en 1939 sous le titre de "Chemin" et qui, en 1993, atteindra les tirages suivants: 3 818 228 exemplaires, 272 éditions en 39 langues. L'ouvrage comprend 999 pensées - trois chiffres multiples de 3, en l'honneur de la Sainte Trinité.

Au cours des premiers mois de la guerre civile espagnole, qui éclate le 18 juillet 1936, don Escrivá de Balaguer reste à Madrid au péril de sa vie. À la fin de l'année 1937, il franchit les Pyrénées à pied et arrive en Andorre, accompagné d'un petit groupe de ses premiers disciples. Puis il se rend à Burgos, en zone "nationaliste", et revient à Madrid en 1939, à la fin des hostilités.

Le 9 mars 1941, l'évêque de Madrid, auquel s'est constamment référé don Josemaría, approuve l'Opus Dei comme "Pieuse Union". Le fondateur a toujours recommandé et pratiqué l'apostolat personnel, d'amitié et de confidence. Cependant le développement de l'oeuvre entraîne des "réunions de famille" auxquelles participent parfois plus de 5 000 personnes. Par une grâce spéciale de Dieu, le grand nombre de participants n'empêche pas une réelle intimité de chacun avec le Père Josemaría.

Un médecin de Cadix ne cessait de manifester sa mauvaise humeur à sa consultation de la Sécurité sociale. Un jour, il entend une conférence de don Escrivá de Balaguer. «À partir de maintenant, dit-il ensuite à sa femme, je vais traiter chaque malade comme si j'étais sa propre mère». Des milliers de faits comme celui-là se répètent depuis le 2 octobre 1928.

L'Évangile du travail

La spiritualité du bienheureux Josemaría trouve son fondement dans la Sainte Écriture: «Dès le début de la Création, l'homme a dû travailler, affirme-t-il. Ce n'est pas moi qui l'invente, il suffit d'ouvrir la sainte Bible. Dès les premières pages - avant même que le péché ne fasse son apparition dans l'humanité  -, on peut y lire que Dieu fit Adam avec la glaise du sol et créa, pour lui et pour sa descendance, ce monde si beau pour qu'il le travaillât et en fût le gardien (Gn 2, 15)... Nous devons donc être pleinement convaincus que le travail est une réalité magnifique, qui s'impose à nous comme une loi inexorable à laquelle nous sommes tous soumis d'une manière ou d'une autre... Retenez bien ceci: cette obligation n'est pas née comme une séquelle du péché

originel; il ne s'agit pas davantage d'une trouvaille des temps modernes. C'est un moyen nécessaire que Dieu nous confie sur cette terre, en allongeant la durée de notre vie, et aussi en nous associant à son pouvoir créateur, afin que nous gagnions notre nourriture tout en récoltant du grain pour la vie éternelle (Jn 4, 36): l'homme est né pour travailler, comme les oiseaux pour voler (Jb 5, 7)».

Le Pape Jean-Paul II attire lui aussi l'attention des fidèles sur la participation de l'homme à l'oeuvre de Dieu: «Cette vérité d'après laquelle l'homme participe par son travail à l'oeuvre de Dieu lui-même, son Créateur, a été particulièrement mise en relief par Jésus-Christ, ce Jésus dont beaucoup de ses premiers auditeurs à Nazareth demeuraient frappés de stupéfaction et disaient: "D'où lui vient tout cela? Et quelle est la sagesse qui lui a été donnée?  N'est-ce pas là le charpentier?" (Mc 6, 2-3). En effet, Jésus proclamait et surtout mettait d'abord en pratique l'«Évangile» qui lui avait été confié, les paroles de la Sagesse éternelle. Il s'agissait vraiment de l'«Évangile du travail» parce que celui qui le proclamait était lui-même un travailleur, un artisan comme Joseph de Nazareth. Même si nous ne trouvons pas dans les paroles du Christ l'ordre particulier de travailler , sa vie n'en a pas moins une éloquence sans équivoque: il appartient au «monde du travail»; il apprécie et il respecte le travail de l'homme; on peut même dire davantage: il regarde avec amour ce travail ainsi que ses diverses expressions, voyant en chacune une manière particulière de manifester la ressemblance de l'homme avec Dieu Créateur et Père. N'est-ce pas lui qui dit: Mon Père est le vigneron (Jn 15, 1)?... Dans ses paraboles sur le Royaume de Dieu, Jésus-Christ se réfère constamment au travail: celui du berger, du paysan, du médecin, du semeur, du maître de maison, du serviteur, de l'intendant, du pêcheur, du marchand, de l'ouvrier. Il parle aussi des divers travaux des femmes. Il présente l'apostolat à l'image du travail manuel des moissonneurs ou des pêcheurs. Il se réfère aussi au travail des scribes» (Laborem exercens, 26).

Dentelle de pierre

Participation à l'oeuvre de Dieu, le travail humain doit être accompli le mieux possible: «Si nous nous efforçons, jour après jour, d'envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, disait le bienheureux Josemaría, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables». Se promenant avec des jeunes à Burgos, le Père passait volontiers par la cathédrale. «J'aimais, dit-il, monter à l'une des tours et leur faire contempler de près l'arête du toit, véritable dentelle de pierre, fruit d'un labeur patient, coûteux. Au cours de ces conversations, je leur faisais remarquer que d'en bas l'on ne percevait pas cette merveille; et, pour mieux matérialiser ce que je leur avais si souvent expliqué, je faisais ce commentaire: voilà le travail de Dieu, voilà l'oeuvre de Dieu! Achever son travail personnel à la perfection, avec la beauté et la grâce dans le détail de ces délicates dentelles de pierre. Ils comprenaient alors, devant cette réalité qui parlait d'elle-même, que tout cela était prière, magnifique dialogue avec le Seigneur. Ceux qui usèrent leurs forces dans cette tâche, savaient parfaitement que leur effort ne pourrait être apprécié à partir des rues de la ville: il était uniquement pour Dieu. Comprends-tu maintenant que la vocation professionnelle peut rapprocher du Seigneur?»

Mais, depuis le péché originel, le travail ne se fait pas sans peine: «Ne fermons pas les yeux à la réalité, en nous contentant d'une vision des choses naïve, superficielle, qui nous mènerait à penser que le chemin qui nous attend est facile et qu'il suffit pour le parcourir, d'avoir des résolutions sincères et un ardent désir de servir Dieu», disait don Josemaría. Commentant les paroles: À la sueur de ton front tu mangeras ton pain (Gn 3, 19), le Pape Jean-Paul II explique: «Ces paroles se réfèrent à la fatigue parfois pesante qui depuis lors accompagne le travail humain... Cette fatigue est un fait universellement connu, parce qu'universellement expérimenté. Ils le savent bien, ceux qui accomplissent un travail physique dans des conditions parfois exceptionnellement pénibles... Ils le savent bien également, les hommes attachés au chantier du travail intellectuel, ils le savent bien les hommes de science, ils le savent bien, les hommes qui ont sur leurs épaules la grave responsabilité de décisions destinées à avoir une vaste résonance sur le plan social. Ils le savent bien les médecins et les infirmiers, qui veillent jour et nuit auprès des malades. Elles le savent bien les femmes qui, sans que parfois la société et leurs proches eux-mêmes le reconnaissent de façon suffisante, portent chaque jour la fatigue et la responsabilité de leur maison et de l'éducation de leurs enfants. Oui, ils le savent bien, tous les travailleurs et, puisque le travail est vraiment une vocation universelle, on peut même dire: tous les hommes» (Laborem exercens, 9).

Travail ou prière?

Cependant la souffrance que le travail comporte souvent peut être l'occasion d'une union à la Passion du Christ: «En supportant la peine du travail en union avec le Christ crucifié pour nous, dit encore Jean-Paul II, l'homme collabore en quelque manière avec le Fils de Dieu à la Rédemption de l'humanité. Il se montre le véritable disciple de Jésus en portant à son tour la croix chaque jour (cf. Lc 9, 23) dans l'activité qui est la sienne» (id., 27).

L'union à Jésus portant sa croix favorise la transformation du travail en prière. «Soyez persuadés qu'il n'est pas difficile de convertir votre travail en une prière dialoguée! explique le Bienheureux Josemaría. Vous l'offrez et vous mettez la main à l'ouvrage, et voilà que Dieu vous écoute et vous encourage. Nous atteignons l'allure des âmes contemplatives, tout en étant absorbés par notre tâche quotidienne, envahis que nous sommes par la certitude qu'Il nous regarde, tout en nous demandant une nouvelle victoire sur nous-mêmes: ce petit sacrifice, ce sourire devant la personne importune, cet effort pour donner la priorité au travail le moins agréable, mais le plus urgent, ce soin des détails d'ordre, cette persévérance dans l'accomplissement du devoir alors qu'il serait si facile de l'abandonner, cette volonté de ne pas remettre au lendemain ce que l'on doit terminer le jour même; et tout cela pour faire plaisir à Dieu, notre Père!»

Ainsi, continue don Josemaría, «grâce à ton travail, tu contribueras à étendre le royaume du Christ sur tous les continents. Et ce sera une succession d'heures de travail offertes, l'une après l'autre, pour les nations lointaines qui naissent à la foi, pour les nations orientales sauvagement empêchées de professer librement leurs croyances, pour les pays de vieille tradition chrétienne où il semble que la lumière de l'Évangile se soit obscurcie et que les âmes se débattent dans l'ombre de l'ignorance».

Mais le travail professionnel n'est pas le seul moyen de sanctification. La sainteté est également accessible à ceux qui n'ont pas, ou n'ont plus la possibilité d'employer leurs talents dans une profession (retraite, maladie, chômage ). «Qu'ils se sachent eux aussi unis tout spécialement au Christ souffrant pour le salut du monde, dit le Concile Vatican II, ceux sur qui pèsent l'infirmité, la maladie, les épreuves diverses  Ainsi tous ceux qui croient au Christ iront en se sanctifiant toujours plus dans les conditions, les charges et les circonstances qui sont celles de leur vie et grâce à elles, si cependant ils reçoivent avec foi toutes choses de la main du Père céleste et coopèrent à l'accomplissement de la volonté de Dieu» (Lumen gentium, 41).

«Ne faire briller que Jésus seul»

Le 8 novembre 1946, don Josemaría s'installe à Rome. Quelques mois plus tard, il est nommé Prélat, et reçoit désormais l'appellation de "Monseigneur". Après une vie très active, il meurt subitement dans son bureau, le 26 juin 1975, et disparaît aussi "effacé" qu'il a toujours désiré l'être. Paradoxalement, ce prêtre qui avait pour idéal: «me cacher et disparaître, pour ne faire briller que Jésus seul», a exercé une influence d'une ampleur peu commune, aidant ceux qui veulent grandir dans leur amitié avec Dieu à faire des multiples circonstances de leur vie ordinaire, dans leur famille et leur travail, autant d'occasions de rencontre avec le Christ. Sa vie, «imprégnée d'humanisme chrétien et marquée du sceau incomparable de la bonté, de la douceur du coeur, de la souffrance cachée par laquelle Dieu purifie et sanctifie ceux qu'Il a choisis» (Jean-Paul II), a eu un tel rayonnement apostolique que 69 cardinaux, 1228 évêques et 41 Supérieurs d'Ordres religieux ont sollicité sa béatification.

Le 17 mai 1992, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II déclare bienheureux Monseigneur Josemaría Escrivá de Balaguer, soulignant sa grande dévotion pour la Vierge Marie. Toute sa vie, Josemaría a également vénéré saint Joseph, son patron de baptême. Honorons, nous aussi, le chef de la Sainte Famille avec la belle prière composée par saint Pie X:

Glorieux saint Joseph, modèle de tous ceux qui sont voués au travail, obtenez-moi la grâce de travailler en esprit de pénitence pour l'expiation de mes nombreux péchés; de travailler en conscience, mettant le culte du devoir au-dessus de mes inclinations; de travailler avec reconnaissance et joie, regardant comme un honneur d'employer et de développer par le travail les dons reçus de Dieu; de travailler avec ordre, paix, modération et patience, sans jamais reculer devant la lassitude et les difficultés; de travailler surtout avec pureté d'intention et avec détachement de moi-même, ayant sans cesse devant les yeux la mort et le compte que je devrai rendre du temps perdu, des talents inutilisés, du bien omis et des vaines complaisances dans le succès, si funestes à l'oeuvre de Dieu. Tout pour Jésus, tout par Marie, tout à votre imitation, patriarche Joseph! Telle sera ma devise à la vie à la mort. Ainsi soit-il».

Bienheureux Josemaría, priez pour nous et pour tous ceux qui nous sont chers, vivants et défunts.

Dom Antoine Marie osb, abb

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