22 août 1996
Marie, Reine


Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,

Un jour, Jésus tire de la foule un petit enfant et prononce ces paroles: En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez et ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Cette éloquente leçon anéantit l'erreur et l'ambition de ceux qui considèrent le royaume des cieux comme un empire terrestre et rêvent d'y occuper les premières places: Qui sera le plus grand dans le royaume des cieux? Et pour mieux établir que la prééminence dans le royaume des cieux est le privilège de l'enfance spirituelle, le Seigneur poursuit en ces termes: Quiconque se fera petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux (Mt 18, 1-4).

Un autre jour, quelques mères lui présentent leurs enfants pour qu'il les touche, et comme les disciples les repoussent, Jésus s'en indigne, disant: Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas, car le royaume des cieux est à eux. Et là encore, il conclut: En vérité, je vous le dis, celui qui ne reçoit pas le royaume des cieux comme un enfant, n'y entrera pas (Mc 10, 15).

INFANTILISME ?

L'enfance spirituelle est donc une condition nécessaire pour obtenir la vie éternelle. Qu'est-ce à dire? Faut-il idéaliser l'enfance au point d'en oublier les défauts et les faiblesses? Faut-il tomber dans l'infantilisme et perdre la sagesse de l'âge adulte? Non, bien sûr. Nous devons au contraire mettre en oeuvre toutes les facultés et toutes les aptitudes que Dieu nous a données. Il ne s'agit pas de penser, parler, sentir et agir comme un enfant. Saint Paul nous en avertit: Ainsi nous ne serons plus des enfants, nous ne nous laisserons plus ballotter et emporter à tout vent de doctrine... Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ (Ep 4, 14-15). Et encore: Frères, ne soyez pas des enfants pour le jugement; des petits enfants pour la malice, soit, mais pour le jugement soyez des hommes faits (1 Co 14, 20). Si émouvante que soit l'enfance par sa fraîcheur, il ne faut pas oublier que son inachèvement appelle la maturité. L'affectivité de l'enfant comporte à la fois une tyrannie et un égoïsme désireux de s'approprier l'être aimé plus que de se donner à lui, qui ne sont pas à offrir en exemple.

Notre-Seigneur désire autre chose, lorsqu'il nous demande de redevenir des enfants. La voie d'enfance, comme l'a dit sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, consiste essentiellement «en une disposition du coeur, qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu'à l'audace en sa bonté de Père» (Novissima Verba). À la lumière des affirmations de la foi, elle nous fait prendre conscience de la réalité: c'est Dieu seul qui nous donne d'être, d'aimer, d'agir, surtout au plan surnaturel. Notre vie spirituelle ne peut pas être une initiative de notre part à l'égard de Dieu: elle ne peut être qu'une remise de nous-mêmes entre les mains de Celui qui est infiniment bon, qui nous aime gratuitement, d'un amour premier et créateur: Ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont les fils de Dieu (Rm 8, 14).

Cette attitude reconnaît un lien de dépendance totale vis-à-vis de Dieu, exclut le sentiment orgueilleux de soi-même, la présomption d'atteindre par des moyens humains une fin surnaturelle, et la trompeuse velléité de se suffire à l'heure du péril et de la tentation. Elle fait pratiquer «l'humilité, la douce et sincère humilité du coeur, la fidélité totale au devoir d'état, quel qu'il soit, en quelque sphère et à quelque degré de la hiérarchie humaine que Dieu nous ait placés et appelés à travailler, la disposition à tous les sacrifices, l'abandon confiant dans la main et le coeur de Dieu, et par-dessus tout la charité vraie, le réel amour de Dieu, la tendresse véritable pour Jésus-Christ, répondant à la tendresse qu'il nous a lui-même témoignée, cette charité qui est bienveillante, patiente, toujours active et supportant tout, prête à tous les dévouements et à toutes les immolations... Aussi l'enfance spirituelle est-elle accessible et nécessaire à tous. Comme l'observe saint Augustin, tout le monde ne peut pas prêcher et faire de grandes oeuvres. Mais qui donc est incapable de prier, de s'humilier et d'aimer?» (Pie XI, 11 février 1923).

Le pape Jean-Paul II nous a donné récemment un nouveau modèle de pratique de la voie d'enfance, en béatifiant le 24 novembre 1994, une contemporaine de sainte Thérèse de Lisieux, la bienheureuse Eugénie Joubert. Elle a vécu sa courte vie dans «une grande confiance par l'amour, l'amour de la simplicité du petit enfant» (note de retraite).

UN MODÈLE SIMPLE, ACCESSIBLE, SYMPATHIQUE

Eugénie est née à Yssingeaux sur les âpres plateaux de la Haute-Loire, le 11 février 1876, jour anniversaire de la première apparition de la Sainte Vierge à Lourdes. Enfance, vocation, vie religieuse, apostolat, souffrance et mort, tout dans la vie d'Eugénie sera marqué de la présence maternelle de Marie.

Toute jeune elle est mise avec sa soeur aînée au pensionnat des Ursulines à Ministrel. Les deux fillettes y sont heureuses. Elles y sont aimées. Le plus beau souvenir qu'Eugénie garde de cette époque, est celui de sa première communion et des mois de grande ferveur spirituelle qui la précédèrent. La jeune fille, fortement attirée vers la Vierge Marie, expérimente la toute-puissance et la sollicitude sans borne de sa Mère du ciel: veut-elle obtenir quelque grâce? Neuf jours de suite elle récite le rosaire, en y ajoutant cinq sacrifices parmi ceux qui lui coûtent le plus. Marie l'exauce toujours. «Lorsqu'elle parlait de la Sainte Vierge, racontera plus tard une élève, il me semblait voir quelque chose du ciel dans ses regards».

Sa ferveur ne l'empêche pas d'être gaie. Au contraire! Une de ses maîtresses dira de la jeune fille qu'elle était «très expansive, au coeur ardent et bon  Elle avait de l'influence sur ses compagnes et les entraînait par sa bonne humeur». Eugénie écrit à sa soeur: «Le bon Dieu ne défend pas de rire et de s'amuser, pourvu qu'on l'aime de tout son coeur et que l'on garde son âme bien blanche, c'est-à-dire sans péché... Le secret pour rester l'enfant du bon Dieu, c'est de rester l'enfant de la Très Sainte Vierge. Il faut beaucoup aimer la Très Sainte Vierge et lui demander tous les jours de mourir plutôt que de commettre un seul péché mortel».

APAISER SA SOIF

Le 6 octobre 1895, elle entre comme postulante chez les Religieuses de la Sainte Famille du Sacré-Coeur, au Puy-en-Velay: «Depuis mon enfance, écrit-elle alors, mon coeur, cependant pauvre, grossier et terrestre, cherchait vainement à apaiser sa soif. Il voulait aimer, mais seulement un Époux beau, parfait, immortel, dont l'amour soit pur et immuable... Marie, vous m'avez donné, à moi, pauvre et petite, le plus beau des enfants des hommes, votre divin Fils Jésus!» À l'heure des adieux, Madame Joubert lui dit, tout en l'embrassant: «Je te donne au bon Dieu. Ne regarde plus en arrière, mais deviens une sainte!» Ce sera le programme de la postulante. Elle entend bien "être toute à Jésus" et n'être pas religieuse à demi.

Eugénie n'a pas vingt ans. Son allure reste vive et son rire joyeux. Mais son visage très jeune, presque enfantin, son extérieur empreint de pureté virginale, reflètent en même temps un sérieux très profond. Son recueillement fait l'admiration et excite l'émulation de ses compagnes du noviciat. «Si je vis d'esprit de foi, écrit-elle, si j'aime vraiment Notre-Seigneur, il me sera facile de me faire une solitude au fond de mon coeur et surtout d'aimer cette solitude, d'y demeurer seule avec Jésus seul».

Le 13 août 1896, fête de saint Jean Berchmans, elle reçoit l'habit religieux des mains du Père Rabussier, fondateur de l'Institut. Elle exprimera plus tard les sentiments qui l'animaient alors: «Que mon coeur désormais, semblable à la boule de cire, simple comme le petit enfant, se laisse revêtir par l'obéissance aveugle, de toute volonté de bon plaisir divin, sans opposer d'autre résistance que celle de vouloir donner toujours plus».

POUR N'ÊTRE JAMAIS SEUL

Pendant son noviciat, soeur Eugénie suit à deux reprises les Exercices Spirituels de saint Ignace. Elle y apprend à vivre familièrement avec Jésus, Marie et Joseph. Car les Exercices sont une école d'intimité avec Dieu et ses Saints. Au cours des méditations et des contemplations qu'il propose, saint Ignace invite son disciple à se placer au coeur des scènes évangéliques pour y voir les personnes, écouter ce qu'elles disent, considérer ce qu'elle font, "comme si on y était". Le mystère de Noël par exemple (n. 114): «Je verrai ( ) Notre-Dame, Joseph, la servante et l'Enfant-Jésus lorsqu'il sera né. Je me tiendrai en leur présence, je les contemplerai, je les servirai dans leurs besoins avec tout l'empressement et tout le respect dont je suis capable, comme si je me trouvais présent». Saint Ignace nous encourage à pratiquer cette familiarité jusque dans les activités les plus banales de nos journées, comme celle de prendre notre repas: «Pendant que nous prenons notre nourriture, considérons, comme si nous le voyions de nos yeux, Notre-Seigneur Jésus-Christ prenant lui-même sa nourriture avec ses Apôtres. Voyons comment il mange, comment il boit, comment il regarde, comment il parle; et efforçons-nous de l'imiter» (n. 214).

Eugénie est séduite par la simplicité de cette pratique qui correspond si bien à son désir de vivre dans l'intimité de la Sainte Famille. «Aimer cette composition de lieu, écrivait-elle: être dès le matin dans le Coeur de la Très Sainte Vierge». Ou bien: «Je ne suis jamais seule, mais toujours avec Jésus, Marie, Joseph». Un jour, elle fera cette belle prière à Notre-Seigneur: «Ô Jésus, dites-moi quelle était votre pauvreté à vous? Dites-moi ce que vous cherchiez avec le plus d'empressement à Nazareth?  Faites-moi la grâce d'embrasser de toute mon âme la pauvreté qu'il plaira à votre amour de m'envoyer». Nous pouvons, nous aussi, parler souvent avec Jésus dans le secret de notre coeur, lui demandant comment il a pratiqué l'humilité, la bonté, le pardon, la mortification et toutes les autres vertus, puis le priant de nous donner la grâce de l'imiter.

SIMPLE COMME UN ENFANT

Le 8 septembre 1897, soeur Eugénie prononce ses voeux de religion; au cours de la cérémonie, le Père Rabussier fait une homélie sur l'enfance spirituelle. La nouvelle professe y voit un encouragement à progresser dans cette voie. Elle porte son attention sur deux points qui lui paraissent essentiels pour parvenir à "la simplicité du petit enfant": l'humilité et l'obéissance.

Pour soeur Eugénie, l'humilité est le moyen d'attirer "les regards de Jésus". Un jour, elle est vertement reprise pour un travail de couture mal fait. Or l'ouvrage en question n'est pas le sien  Soeur Eugénie se tait, malgré les révoltes de la nature; elle pourrait se justifier, expliquer la méprise  mais elle préfère s'unir au silence de Jésus qui fut, lui aussi, faussement accusé. Elle voit dans l'humiliation une occasion de "grandir dans l'abaissement", et c'est pour elle un véritable succès: «Les personnes du monde, écrit-elle, cherchent à avoir des succès dans leurs désirs de plaire et de paraître. Eh bien! Notre-Seigneur me permet, à moi aussi, d'avoir des succès dans la vie spirituelle. Chaque humiliation, si petite soit-elle, est un vrai succès pour moi dans l'amour de Jésus, pourvu que je l'embrasse de tout mon coeur».

Être humble consiste également à ne pas se décourager devant ses faiblesses, ses chutes ou ses défauts, mais à offrir tout cela à la miséricorde divine, spécialement dans le sacrement de Pénitence, moyen ordinaire pour recevoir le pardon de Dieu. «Ô bienheureuse misère, plus je l'aime, plus aussi Notre-Seigneur l'aime et s'abaisse vers elle pour en avoir pitié et lui faire miséricorde!» s'écrie soeur Eugénie à la vue de ses impuissances.

LA MÈRE DES VERTUS

L'humilité va de pair avec l'obéissance. Saint Paul nous dit de Jésus qu'Il s'humilia, se faisant obéissant jusqu'à la mort (Ph 2, 8). Soeur Eugénie voit dans l'obéissance "le fruit de l'humilité et sa forme la plus vraie", et elle écrit: «Je veux obéir pour m'humilier et m'humilier pour aimer davantage». Obéir à Dieu, à ses commandements, à son Église, à ceux qui tiennent sa place, c'est aimer Dieu en vérité. Si vous m'aimez, disait Jésus à ses disciples, vous garderez mes commandements. Celui qui a mes commandements et qui les garde, voilà celui qui m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, et je l'aimerai et me manifesterai à lui (Jn 14, 15 et 21). «L'obéissance n'est pas tant une vertu que la mère des vertus» a pu écrire saint Augustin (PL 62, 613). Saint Grégoire le Grand a cette belle parole: «C'est l'obéissance seule qui produit et entretient les autres vertus dans nos coeurs» (Morales, 35, 28). Et, comme nous l'enseigne saint Benoît: «L'obéissance qu'on rend aux supérieurs, c'est à Dieu qu'on la rend» (Règle, ch. 5).

Cependant l'exercice de toute vertu doit être dirigé par la prudence. Celle-ci permet de discerner, en particulier, les limites de l'obéissance. Ainsi, lorsqu'un ordre, une prescription ou une loi humaine sont en opposition manifeste avec la loi de Dieu, le devoir d'obéissance n'existe pas: «L'autorité, exigée par l'ordre moral, émane de Dieu. Si donc il arrive aux dirigeants d'édicter des lois ou de prendre des mesures contraires à cet ordre moral, et par conséquent à la volonté divine, ces dispositions ne peuvent obliger les consciences (JeanXXIII, Pacem in terris, 11 avril 1963). [...] La première et la plus immédiate des applications de cette doctrine concerne la loi humaine qui méconnaît le droit fondamental et originel à la vie, droit propre à tout homme. Ainsi les lois qui, dans le cas de l'avortement et de l'euthanasie, légitiment la suppression directe d'êtres humains innocents sont en contradiction totale et insurmontable avec le droit inviolable à la vie propre à tous les hommes, et elles nient par conséquent l'égalité de tous devant la loi» (Jean-Paul II, Evangelium vitæ, 72). Devant de telles prescriptions humaines, rappelons-nous la parole de saint Pierre: Mieux vaut obéir à Dieu qu'aux hommes (Ac 5, 29).

En dehors des ordres qu'on ne pourrait accomplir sans péché, l'obéissance est due aux autorités légitimes. Soeur Eugénie, pour suivre de plus près Jésus et travailler au salut des âmes, entreprend d'obéir avec une grande perfection, afin d'accomplir à tous les instants la volonté de Dieu le Père, à l'imitation de Notre-Seigneur qui a dit: Le Fils ne peut rien faire de lui-même, qu'il ne voie faire au Père; ce que fait Celui-ci, le Fils le fait pareillement (Jn 5, 19). Je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que le Père m'a enseigné (Jn 8, 28).

AU SERVICE DES PETITS

A peine ses voeux prononcés, la jeune religieuse est envoyée à Aubervilliers en banlieue parisienne, dans une maison consacrée à l'évangélisation des ouvriers. Elle s'attache le coeur des enfants, et parvient ainsi à tenir tranquilles les espiègles qui ne manquent pas dans son auditoire! Son secret? la patience, la douceur, la bonté. Elle obtient des résultats inespérés.

Apôtre, soeur Eugénie suscite des apôtres. Un petit garçon, conquis par le cours de catéchisme, rêve de gagner ses camarades. Rassemblant ceux qu'il trouve dans la rue, il les fait monter dans sa chambre, devant un crucifix: «Qui a mis Jésus en croix?» demande-t-il. Et quand la réponse se fait trop attendre, il ajoute avec émotion: «C'est nous qui, par nos péchés, l'avons fait mourir. Il faut lui demander pardon». Tous tombent alors à genoux, et récitent du fond du coeur des actes de contrition, de reconnaissance et d'amour.

Soeur Eugénie communique aux enfants son amour pour Marie. Elle brûle pour Notre-Dame d'un amour qui lui fait s'écrier, un jour: «Aimer Marie, l'aimer encore et toujours davantage! Je l'aime parce que je l'aime, parce qu'Elle est ma Mère. Elle m'a tout donné; Elle me donne tout; c'est Elle encore qui veut tout me donner. Je l'aime parce qu'Elle est toute belle, toute pure; je l'aime et je veux que chacun des battements de mon coeur lui dise: ma Mère Immaculée, vous savez bien que je vous aime!»

QUAND VIENDRA-T-IL ? QUAND ?

Pendant l'été de 1902, soeur Eugénie ressent les premiers effets de la tuberculose qui doit l'emporter. Commence alors pour elle un douloureux calvaire qui dure deux ans, et qui achève de la sanctifier en l'unissant davantage à Jésus crucifié. Elle trouve un grand réconfort à méditer la Passion. «Vous souffrez beaucoup? lui demande un jour l'infirmière. - C'est épouvantable, répond la malade, mais je L'aime bien... le Sacré Coeur  quand viendra-t-il... Quand? » Dans la prière, Jésus lui fait comprendre que pour rester fidèle au milieu des souffrances, elle doit "embrasser la pratique de l'enfance spirituelle", "être petite enfant avec lui dans la peine, l'oraison, le combat, l'obéissance". L'abandon et la confiance la guident jusqu'au bout! Après une hémorragie particulièrement forte, elle retombe épuisée, sentant la vie lui échapper, et, sans que le sourire disparaisse de son visage, elle pose son regard sur une image de l'Enfant-Jésus.

C'est avec une grande paix que, le 27 juin 1904, soeur Eugénie accueille l'annonce de son départ pour le ciel. On lui administre le sacrement des malades et la sainte Communion. Le 2 juillet, les crises d'étouffement sont de plus en plus pénibles; une religieuse a l'idée d'allumer une petite lampe au pied de la statue du Coeur Immaculé de Marie à la chapelle, et cette bonne Mère accorde à la mourante un peu de soulagement. L'heure de la délivrance est proche. On lui présente un portrait de l'Enfant-Jésus. A sa vue, soeur Eugénie s'exclame: «Jésus!... Jésus!... Jésus!...» et son âme s'envole pour le ciel. Le corps de cette enfant évangélique semble avoir douze ans. Un beau sourire éclaire son visage.

«Je prierai pour toutes au ciel!» avait-elle promis à ses soeurs. Demandons-lui de nous guider sur le chemin de l'enfance spirituelle jusqu'au Paradis, "le Royaume des Petits"; c'est là qu'elle nous attend avec la multitude des Saints. Nous la prions ainsi que saint Joseph pour vous et les vôtres, vivants et défunts.

Dom Antoine Marie osb, abb

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