Blason  Abbaye Saint-Joseph de Clairval

21150 Flavigny-sur-Ozerain

France


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15 octobre 2009
sainte Thérèse d'Avila


Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,

Encore un garçon!». Ce cri de joie retentit le 10 mai 1272 dans la demeure  de la famille Tolomei, à Sienne en Toscane (Italie). Le jour même proba- blement, selon la coutume générale de ce temps, l'enfant reçoit le baptême sous le nom de Giovanni (Jean). À la maison paternelle l'attendent déjà deux frères, et plus tard viendront deux autres garçons et deux filles.

Jean vient au monde dans un milieu marqué par un goût prononcé pour l'argent et le pouvoir. Sa famille est engagée depuis la fin du XIIe siècle dans des activités commerciales et bancaires devenues très prospères, qui l'ont placée au sommet de l'échelle sociale, parmi les puissants qui exercent une influence de premier ordre, tant économique que politique, dans la ville de Sienne. Les Tolomei font partie de ces pionniers de la banque moderne qui voit le jour précisément à cette époque en Italie. Ils exercent leur activité commerciale aux foires de Champagne où s'échangent les draps des Flandres et les richesses venues d'Orient, notamment la soie et les épices. Ils se déplacent jusqu'en Angleterre pour négocier des achats de laine et des prêts à la couronne. Ils figurent également parmi les banquiers du Pape, assurant l'encaissement et le transport de l'impôt pontifical avec les activités de change que cela suppose. La faveur du Souverain Pontife leur procure un accès facile auprès des évêques, abbés, chapitres auxquels ils consentent des prêts. Dans le long conflit qui oppose depuis plus de deux siècles l'empereur du Saint-Empire romain germanique, soutenu par les «gibelins», au Pape, soutenu par les «guelfes», les Tolomei se rangent résolument du côté de ces derniers. À l'époque où naît Jean, le conflit est résolu au bénéfice de la papauté, mais longtemps encore les esprits demeureront divisés.

Juriste accompli

L'Italie est réputée pour avoir assuré dès le haut  Moyen-Âge, dans une élite laïque urbaine, la diffusion d'une culture s'inspirant de l'Antiquité classique. Jean y bénéficie de la meilleure éducation. Au contact de son père et de ses oncles, il apprend les rudiments des techniques commerciales et bancaires. Une ancienne chronique le qualifie de «juriste accompli». Ses compétences en droit lui donnent certainement la possibilité de parvenir aux charges administratives et diplomatiques de sa ville. Il est également appelé «chevalier remarquable», c'est-à-dire membre du noyau de l'armée communale que nécessite le climat de guérilla permanente créé par les conflits entre les cités italiennes. Spirituellement, il connaît ses faiblesses et se considère comme pécheur. Il est cependant porté par le climat religieux de Sienne, la ville des saints. La Vierge en est la patronne, et une «Maestà», Vierge en majesté, entourée des apôtres, de saints et d'anges, sera transportée en procession au maître-autel de la cathédrale en juin 1311. La dédicace inscrite au bas du tableau porte: «Sainte Mère de Dieu, sois la cause du repos de Sienne», où le repos désigne non seulement la tranquillité temporelle des habitants mais aussi leur repos éternel. Tout un réseau de confréries, associations spirituelles de laïcs, assure à ses membres un solide soutien pour la vie intérieure et la pratique de la charité. Jean est probablement membre de celle qui se réunit dans un célèbre hôpital pour l'assistance des malades et des pauvres. On y cultive une spiritualité de l'ascèse et l'amour de la solitude. Un chroniqueur nous présente Jean en ces termes: «Animé par le souffle de l'Esprit divin et touché au plus intime par une ferveur passionnée, ne faisant qu'un avec ses nobles amis siennois, Patrice de' Patrizi, François et Ambroise Piccolomini, et méditant jour et nuit, il aspirait aux réalités célestes. Se rendant d'un commun accord étrangers aux bagatelles du monde, ils s'efforçaient de servir le Dieu qui tonne». La référence au «Dieu qui tonne» est biblique et fait allusion à l'épisode du don des dix commandements sur le Sinaï (cf. Ex 19, 16-19). Jean comprend que «le vrai bonheur ne réside ni dans la richesse ou le bien-être, ni dans la gloire humaine ou le pouvoir, ni dans aucune oeuvre humaine, si utile soit-elle, comme les sciences, les techniques et les arts, ni dans aucune créature, mais en Dieu seul, source de tout bien et de tout amour» (Catéchisme de l'Église Catholique, 1723).

Un jour de 1313, Jean et ses amis siennois se dirigent vers un lieu appelé Acona, que le descendant des Tolomei a reçu en héritage. Il s'agit d'un site complètement isolé et accessible d'un seul côté, les autres étant bordés de précipices. Inspirés par l'Esprit de Dieu, ces jeunes hommes quittent la ville où se trouvent de nombreux obstacles à leurs aspirations spirituelles, et se retirent en ce lieu solitaire pour y commencer une existence nouvelle et chercher Dieu plus intensément.

Une nouvelle façon de penser

Le 28 juin 2009, le Pape Benoît XVI disait, à l'occasion  de la clôture de l'année consacrée à saint Paul: «Dans la Lettre aux Romains (ch. 12), l'apôtre saint Paul résume le noyau essentiel de l'existence chrétienne... Tout d'abord il affirme, comme une chose fondamentale, qu'avec le Christ a commencé une nouvelle façon de vénérer Dieu – un nouveau culte. Celui-ci consiste dans le fait que l'homme vivant devient lui-même adoration, «sacrifice» jusque dans son propre corps. Ce ne sont plus les choses qui sont offertes à Dieu. C'est notre existence elle-même qui doit devenir louange de Dieu. Mais comment cela se produit-il? Dans le deuxième verset, une réponse nous est donnée: Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu (12, 2)... Nous devenons nouveaux si nous nous laissons saisir et façonner par l'Homme nouveau Jésus-Christ... Paul détaille plus encore..., en disant que nous devenons nouveaux si nous transformons notre façon de penser... Nous nous serions peut-être attendus à ce que cela concerne plutôt certaines attitudes: ce que nous devons changer dans notre façon d'agir. Mais non: le renouveau doit aller jusqu'au bout. Notre façon de voir le monde, de comprendre la réalité – toute notre manière de penser doit se transformer à partir de sa base. La pensée du vieil homme, la façon de penser commune est généralement tournée vers la possession, le bien-être, l'influence, le succès, la célébrité et ainsi de suite. Mais de cette manière, elle a une portée trop limitée. Ainsi, en dernière analyse, le «moi» reste le centre du monde... Nous devons apprendre à prendre part à la pensée et à la volonté de Jésus-Christ. C'est alors que nous serons des hommes nouveaux».

L'amitié qui lie Jean et ses compagnons découle de leur amitié avec Dieu et la note propre de la famille monastique qui naît se trouve dans cette communion vécue par les fondateurs. Patrice appartient à ces marchands très riches qui font partie de la magistrature suprême de la République siennoise. Lassé par de fréquents voyages et une activité stérile pour son âme, il s'est joint à la confrérie à laquelle appartient Jean. Il apportera à la nouvelle communauté un précieux concours grâce à ses compétences dans les domaines économique et administratif. C'est le plus proche des compagnons de Jean. Il mourra en 1347. Ambroise provient du même milieu que Jean. Fils de famille vivant dans l'oisiveté, il lui faudra du courage pour mener à bien la conversion entreprise avec ses amis. Il mourra en 1338. On ne sait pas si François accompagnait le groupe des fondateurs. Les trois amis trouvent à Acona une bâtisse où ils s'installent, échangeant leurs vêtements de drap fin pour des habits pauvres. Ils édifient un lieu de culte pour y chanter l'Office divin et faire célébrer les divins Mystères par des prêtres de leur choix, aucun d'entre eux n'ayant reçu le sacerdoce. La pauvreté les oblige à vivre du travail de leurs mains, ce dont ils n'avaient probablement pas l'habitude. Ils cultivent quelques légumes et cueillent les fruits qu'ils trouvent sur place. Toutefois, ce travail ne peut à lui seul assurer leur subsistance; aussi le complètent-ils par les revenus des possessions de Jean.

Solitude et amitié

«Assidus à l'oraison, assure un chroniqueur, très  constants dans le silence, ils étaient pleins d'ardeur pour rendre des louanges à Dieu». Leur ferveur et leur joie attirent d'autres âmes et peu à peu le noyau initial grandit. «Désireux de s'adonner en privé à la componction du coeur (repentir plein d'amour) et à l'oraison – selon ce que Dieu daignait accorder à chacun – ils s'en allaient chercher silence et tranquillité les uns dans les forêts, les autres dans leur petite église, d'autres dans des grottes creusées dans la terre, certains dans des lieux plus retirés encore; dans cette solitude, ils élevaient dans la prière des mains pures vers Dieu, épanchant leur âme sous le regard du Seigneur leur Dieu». Cette solitude est cependant tempérée par la chaleur de l'amitié et par leur unanimité.

Cet essai de vie monastique ne passe pas inaperçu et les langues vont bon train sur ces fils de familles aisées qui vivent au milieu des bois sous un habit singulier. À cette époque se sont développés des groupes de franciscains dits «spirituels» qui, sous couleur d'un attachement à la pauvreté radicale voulue par saint François d'Assise, se sont constitués en groupes autonomes sectaires contre lesquels le Pape a édicté des mesures sévères. Un enquêteur officiel de l'Église se rend donc à Acona. Ses conclusions, favorables aux ascètes, les engagent à se faire reconnaître comme religieux par leur évêque et à adopter une Règle.

Un jour, Jean se trouve seul en prière lorsqu'il voit se dresser devant lui une échelle d'argent au sommet de laquelle se tiennent le Sauveur et sa très sainte Mère, en vêtements d'un blanc éclatant; par cette échelle, des anges descendent vers la terre tandis que des moines, vêtus de blanc, montent au ciel. Appelant des frères qui se trouvent à proximité, Jean leur fait partager cette vision qui présage l'avenir: l'édification d'un monastère qui sera pour de nombreux moines blancs une échelle vers le ciel. «Le Seigneur apparaissait debout au sommet de l'échelle, montrant clairement qu'Il se tient toujours prêt à aider ceux qui combattent pour le Royaume des cieux», affirme un auteur contemporain. Quant aux anges, ils tiennent les moines par la main dans leur ascension vers la patrie céleste. Fortifiés par cette manifestation surnaturelle, les solitaires d'Acona choisissent de se mettre à l'école de saint Benoît. Jean prend alors le nom de Bernard, en souvenir du chantre de la Vierge Marie que fut l'abbé de Clairvaux au XIIe siècle. Accompagné de Patrice, il se rend à Arezzo où se trouve l'évêque. Celui-ci se montre bienveillant et généreux à leur égard, et le 26 mars 1319, il leur accorde une charte qui constitue l'acte de naissance du monastère bénédictin d'Acona. La fondation est dédiée à la Vierge Marie et prend pour nom «Sainte-Marie du Mont-Olivet», en souvenir non seulement de l'aspect naturel du lieu planté d'oliviers, mais surtout du jardin des Oliviers où Jésus aimait à se rendre avec ses disciples. Les nouveaux religieux ont obtenu de se distinguer des autres bénédictins par le port d'un habit blanc à la place de l'habit noir. Ce sont en effet des moines habillés de blanc qui leur sont apparus sur l'échelle mystérieuse.

Une charge redoutée puis acceptée

Le 29 mars, Bernard, Patrice et Ambroise sont officiel- lement revêtus de l'habit monastique, et ils font leur profession religieuse entre les mains d'un moine de l'abbaye de Sasso, délégué par l'évêque pour cette cérémonie. Il reste à entreprendre la construction du monastère. Un prêtre nommé par l'évêque se rend à Acona pour choisir le lieu le plus favorable, planter en terre une croix, poser la première pierre de l'édifice et prononcer les bénédictions d'usage. Au lendemain de la fondation, la communauté se réunit pour préciser certains points de la vie monastique. La durée de la charge abbatiale est fixée à un an, contrairement à l'usage habituel des abbayes bénédictines d'élire un abbé à vie. Le premier abbé élu n'est pas Bernard, qui veut s'effacer et fait valoir l'état déficient de sa vue, mais Patrice. Les deux années suivantes seront élus Ambroise puis Simon di Tura. En septembre 1322, toutefois, Bernard Tolomei acceptera la charge abbatiale, sur les instances de ses frères, et d'année en année, il sera constamment réélu.

Les journées monastiques se partagent entre le chant de l'Office divin, le travail manuel qui occupe chez les nouveaux moines une place importante, et la lecture. La construction de l'église et du monastère exige un labeur difficile, les frères devant cuire les briques au four. Ils s'adonnent aussi à la culture de la vigne et aux autres travaux agricoles destinés à nourrir la communauté. L'abbé veille spécialement au climat de silence, même sur les lieux de travail. La pauvreté est manifeste dans l'habillement, les repas et les lits qui ne sont que des sacs emplis de paille. Mais ce régime monastique se calque sur les conditions de vie des pauvres de l'époque.

L'enseignement spirituel de Bernard Tolomei, après son élection abbatiale, met en relief la vertu d'humilité à laquelle il donne une place centrale dans la vie du moine. Sa conversion personnelle à la vie monastique l'a conduit aux antipodes des valeurs prônées dans le monde. Il écrit à un correspondant qu'amasser les vertus sans l'humilité revient à jeter de la poussière au vent. Mais il rappelle aussi que la mère de l'humilité est la charité. Seul le Christ peut donner celle-ci. Il importe donc par-dessus tout d'adhérer au Christ qui donne en abondance. La charité est spécialement à mettre en oeuvre dans le «très saint amour de la communauté», que Bernard pratique à un rare degré. Celui-ci se montre attentionné à chacun de ses frères, spécialement aux plus jeunes; il gouverne en père de famille, conscient à la fois de ses responsabilités et de ses limites, confiant dans l'assistance de l'Esprit Saint qui se manifeste notamment par le conseil des frères réunis en chapitre. Sur les lettres qu'il envoie, il signe: «Frère Bernard abbé, bien qu'indigne, du monastère Sainte-Marie de Mont-Olivet».

La conservation de l'unité

Bientôt, des évêques ou des seigneurs laïcs, touchés  par la ferveur des nouveaux moines, demandent des fondations. La première a lieu à Sienne, dès 1322. Une vingtaine d'années plus tard, on en comptera dix, souvent situées à proximité des villes, parfois tout à fait isolées dans la campagne. Pour garder à la nouvelle famille monastique, qui s'accroît rapidement, la cohésion d'une unité organique, les moines considèrent que c'est un seul monastère qui se répand en des lieux divers, chacun demeurant relié et soumis à la Maison-mère comme les membres le sont à la tête, au point de ne faire qu'un seul corps. Dans cette institution, il n'y a qu'un seul abbé, celui de Mont-Olivet, les autres communautés étant gouvernées par des prieurs; celles-ci ajouteront d'ailleurs à leur nom celui de Mont-Olivet, le monastère de Sienne devenant, par exemple, «Saint-Benoît de Mont-Olivet de Sienne». Le chapitre général réunit chaque année, autour de la communauté de Mont-Olivet, le prieur et deux délégués de chaque fondation. L'abbé commence par donner sa démission, puis tous se mettent à l'écoute de l'Esprit Saint pour faire le point sur la vie de la Congrégation. Une fois l'abbé élu ou réélu, c'est lui qui préside le chapitre et nomme les prieurs et les responsables des principaux offices de chaque maison. Entre deux chapitres, l'abbé visite les différents monastères ou les fait visiter par un délégué. Pour assumer ses responsabilités, l'abbé doit ainsi effectuer de nombreux voyages, et il en coûte certainement à Bernard Tolomei de quitter sa solitude. Il lui faut en outre porter le poids de la correspondance avec les bienfaiteurs et les solliciteurs et, bien sûr, prendre un soin paternel de ses frères. Pour obtenir l'approbation de sa famille monastique, le saint envoie deux délégués auprès du Pape français Clément VI, lui-même moine bénédictin, qui réside en Avignon. Le 21 janvier 1344, le Pape accorde les requêtes formulées dans la supplique de Bernard. Il s'agit de l'acte officiel de naissance de cette Congrégation, qui comporte alors 160 moines répartis entre le monastère de Mont-Olivet et dix fondations.

Parvenu à un âge avancé, Bernard aspire à se retirer du gouvernement, mais le 4 mai 1347, le chapitre général l'élit de nouveau, «ayant une pleine confiance qu'à cause de sa sainteté, il ne s'écarterait pas de la volonté de Dieu ni du salut des âmes de ses frères et fils»; précieux témoignage qui nous est laissé par ses contemporains.

Au début de 1348, la peste noire, qui va frapper l'Europe entière, se répand à une vitesse foudroyante dans toute l'Italie du nord. La peur de la contagion entraîne l'abandon des malades: «Le désastre, écrit un auteur contemporain, avait jeté tant d'effroi au coeur des hommes et des femmes que le frère abandonnait le frère, l'oncle le neveu, la soeur le frère, souvent même la femme le mari. Voici qui est plus fort et à peine croyable: les pères et mères, comme si leurs enfants n'étaient plus à eux, évitaient de les aller voir et de les aider». Devant une si grande calamité, Bernard Tolomei, loin de se mettre à l'abri de la contagion, quitte la solitude du Mont-Olivet et se rend au monastère de Sienne où ses moines sont le plus exposés, pour leur assurer le secours de sa présence et de son assistance spirituelle. Il est vraisemblable qu'avec eux, il prend également soin des malades isolés ou abandonnés de la ville. Mais, à son tour, il contracte la maladie. Le 20 août, entouré des quelques frères survivants, et tendu de toute sa foi vers son Seigneur qu'il sait présent à ses côtés avec sa glorieuse Mère, il rend son âme à Dieu. Son corps, rapidement enseveli à cause de la contagion, n'a jamais été retrouvé, comme si le saint voulait nous dire de ne pas tourner nos regards vers lui, mais vers le Christ.

La famille monastique du saint est fortement atteinte par le fléau puisque 80 frères succombent en même temps que leur père, soit environ la moitié de l'effectif total. Mais sa vitalité est telle qu'en une douzaine d'années elle se reconstitue et continue son développement. Aujourd'hui, elle est présente bien au-delà des frontières de l'Italie, jusqu'en Corée, à Hawaï et au Ghana, ce qui a modifié son organisation mais n'a pas porté atteinte à la profonde communion de ses membres, héritée des origines. Elle s'est également ouverte à différentes formes de présence féminine, notamment grâce à sainte Françoise Romaine (1384-1440).

Renforcer l'homme intérieur

Bernard Tolomei a été canonisé le 26 avril 2009 par le  Pape Benoît XVI. Sa vie nous rappelle un message essentiel déjà enseigné par saint Paul (Ep 3, 16) et repris par le Saint-Père: «L'homme intérieur doit se renforcer – c'est un impératif particulièrement approprié pour notre époque où les hommes sont si souvent intérieurement vides et doivent donc se raccrocher à des promesses et des drogues, qui ont ensuite comme conséquence un accroissement ultérieur du sentiment de vide en eux-mêmes. Le vide intérieur – la faiblesse de l'homme intérieur – est l'un des grands problèmes de notre temps. L'intériorité doit être renforcée – la capacité de perception du coeur; la capacité de voir et comprendre le monde et l'homme de l'intérieur, avec le coeur. Nous avons besoin d'une raison éclairée par le coeur, pour apprendre à agir selon la vérité dans la charité. Toutefois, cela ne se réalise pas sans une relation intime avec Dieu, sans la vie de prière. Nous avons besoin de la rencontre avec Dieu, qui nous est donnée dans les sacrements. Et nous ne pouvons pas parler à Dieu dans la prière, si nous ne le laissons pas parler d'abord, si nous ne l'écoutons pas dans la parole qu'il nous a donnée» (Discours pour la clôture de l'année consacrée à saint Paul, le 28 juin 2009).

Prions le Seigneur, afin qu'il nous aide à reconnaître l'ampleur de son amour. Que le Christ habite en nos coeurs et fasse de nous des hommes nouveaux, témoins de la vérité dans la charité!

Dom Antoine Marie osb, abbé

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